1 Septembre 2021
Chapitre 4 – 26
Changement radical (1/6)

Nora se tenait face à Voldemort, elle était consciente que c’était sans doute le moment de sa punition pour avoir laissé les enfants. Le mage noir ne disait rien, et cela stressait la petite sorcière. Elle aurait voulu qu’il se mette en colère, qu’il lui parle, mais non il restait silencieux à la regarder avec cet air méprisant qu’elle lui connaissait si bien. Elle se mit à trépigner sur le sol, et échappant à son regard, la tête baissée. La jeune femme n’en pouvait plus d’attendre comme ça. Elle avait toujours comblé les vides, les moments de silence de Tom. Il n’y avait que deux fois où elle n’avait pas pu réussir à parler. Celle où elle avait voté pour le retour de Hagrid, et le jour où … mais elle ne préféra pas penser à ce moment-là.
Finalement, elle aurait préféré le silence qu’il ne prononce ces mots, si cruels. Ses yeux se mirent à briller de larmes, qu’elle ne voulait pas laisser couler.
Elle repensa à ces moments dans les bras l’un de l’autre. La jeune femme secoua la tête, parce que ça lui donnait d’autres envies.
Il hocha la tête, et transplana dans un claquement. Nora prit son départ pour un accord, et décida d’en parler aux enfants. Ils n’avaient pas grand-chose, et faire un tour à leur ancienne maison était peut-être un peu risqué. La jeune sorcière ne connaissait rien à la situation politique du Ministère de la Magie.
Le soir venu, Nora et les enfants étaient installés à table. La jeune femme avait toujours voulu que la petite elfe mangeait avec eux, mais elle avait toujours refusé.
Mais les discours de Nora étaient restés sans réponse favorable, si bien qu’il fallait l’avouer la petite sorcière avait renoncé, et elle souriait tristement quand elle voyait, Wiskhey, assise sur sa petite chaise en silence, pendant que les enfants discutaient autour de la table.
Nora sourit, elle était heureuse de voir à nouveau ses enfants, réunis tous les trois à se parler. Elle ne savait toujours pas ce qui leur était arrivés durant leur enlèvement. La jeune mère avait bien essayé de poser des questions, mais Ano ne disait rien, et Toma répondait que des « oui » ou « non », sans plus de détails. Cela l’inquiétait évidemment, mais les enfants n’étaient pas en mauvaise santé, et ils ne semblaient pas traumatiser. Il fallait juste attendre qu’ils décident d’en parler, et leur mère serait patiente et présente pour eux.
Anora, indépendante, était sortie du manoir, malgré les demandes de sa mère. Elle était partie à l’aventure afin de découvrir le jardin. Ça faisait plusieurs semaines qu’ils nettoyaient le manoir, et elle avait découvert les lieux par la fenêtre. Il était vraiment très grand, et elle savait qu’elle n’aurait pas le temps de visiter en une seule fois. La petite fille était curieuse, mais elle ne s’inventait pas d’histoire comme sa petite sœur, non pas qu’elle manquait d’imagination, mais elle ne voyait pas l’intérêt de masquer la réalité dans un rêve. Elle trouvait un sentier avec des cailloux, elle ne pouvait pas le voir à causer des hautes herbes, qui avait joyeusement envahi le jardin, mais elle sentait les graviers sous ses pieds. La fillette le suivit, en regardant autour d’elle, le paysage semblait sombre, malgré le jour, et que c’était le milieu de l’après-midi. Les grands arbres projetaient des ombres inquiétantes, sa sœur aurait dit que c’était des monstres, mais Ano savait que ce n’était que des ombres. L’herbe était haute, et lui arrivait presque au-dessus de la tête. Cela n’empêchait pas la petite fille d’avancer. Elle avait vu un kiosque par une fenêtre, et c’était un des premiers lieux qu’elle voulait voir. Après un quart d’heure de marche pour ses petites jambes, la fillette arriva sur les lieux. Elle se mit au centre de la scène pour mieux voir les alentours. Elle avait une belle vue sur le parc. Face à elle se trouvait de grands arbres, délimitant une forêt sombre. Sur sa gauche, on trouvait le manoir. Sur sa droite, il y avait encore un sentier qui descendait, et Ano pouvait voir des pierres tombales. Elle savait que son « méchant » grand-père était enterré dans cet endroit. Et derrière se trouvait un terrain vague, dont le vent couché l’herbe sur le sol.
La petite fille se trouvait là, et elle avait l’impression d’être seule au monde. Cela lui faisait du bien parfois. Avoir des amis, elle n’avait jamais tourné ça utile, elle avait son frère, sa petite sœur et sa mère. Et puis surtout son père, quand elle l’avait vu ce jour-là, tout le monde avait peur de lui, mais Ano l’avait trouvé fantastique, c’était après tout son papa à elle. Elle l’aimait. Elle en voulait d’ailleurs un peu à sa mère, d’avoir autant de temps avec lui. Elle était jalouse, mais il était beau et parfait son papa, elle comprenait que sa maman l’aime aussi.
Soudain un étrange sifflement se fit entendre, la fillette reconnut du Fourchelang, mais elle n’avait pas compris ce qu’il disait. Elle posa son regard sur le sol, et chercha du regard le serpent. Elle le vit glissant dans l’herbe vers elle. La fillette s’accroupit et le regarda dans les yeux, fixement sans ciller. Et attendit en silence, le serpent l’observa un moment.
Brusquement il siffla et tenta de mordre Anora.
Le serpent, surpris, se recroquevilla et resta coi face à Ano. La fillette continua à le regarder, puis tendit la main. Le petit animal leva la tête, et tendit le cou pour sentir les doigts de la petite fille. Elle approcha sa main, et caressa la tête du serpent, ce dernier siffla de contentement, comme un chat qui aurait ronronné. L’animal ne devait pas avoir de noms, les animaux sauvages ne se donnent pas de noms. Seuls les êtres humains donnent des noms, car ils veulent contrôler les gens, les animaux et même les choses.
La fillette reprit le chemin vers le manoir, et le petit serpent la suivit, il avait été apprivoisé par la jeune enfant.