• Leçons par Nora (3/4)

     

     

    La fin du mois de juillet approchait, Harry se trouvait à Privet Drive, dans quelques jours, il aurait dix-sept ans, et cette maison cesserait d’être la sienne. Le survivant se demandait où il irait, peut-être au Terrier, ou au Square Grimmaud, mais aussi qui viendrait le chercher, et comment il s'y rendrait. Le bruit de la porte d'entrée claqua, signe que la famille Dursley était de retour. Harry soupira de lassitude, il était assis sur son lit, et regardait Hedwige qui se nettoyait les plumes. Il repensait à tout ce qui était arrivé l'année passée. A Nora !

     

    - Toi, là-haut ! cria Vernon à Harry. Le jeune garçon se leva et se présenta en haut des marches, son oncle était là, à le regarder d'un air mauvais. Viens-là, j'ai deux mots à te dire ! continua son oncle. Harry le suivit dans le living-room où Dudley et Pétunia étaient assis. Ils étaient tous les trois en tenus de voyage, mais Harry avait l'impression que son oncle avait encore changé d'avis. Il n'avait fait que ça, les quatre dernières semaines, il ne cessait de charger et décharger la voiture, toutes les vingt-quatre heures.

     

    - Assieds-toi ! ordonna-t-il... s'il te plait, ajouta-t-il dans une grimace, ce mot semblait lui écorcher la bouche. Harry s'assit et Vernon se mit à faire les cent pas dans la pièce, sous le regard inquiet de sa femme et de son fils.

     

    - J'ai changé d'avis, dit-il

     

    - Quelle surprise ! répondit Harry en haussant les sourcils.

     

    - Tout ça, ce sont des fariboles... C'est décidé, je n'y crois pas ! Nous ne bougerons pas d'ici, nous n'irons nulle part. Selon toi, nous sommes Pétunia, Dudley et moi-même, en grand danger. A cause de... à cause de...

     

    - Certaines personnes "de mon espèce" acheva le survivant.

     

    - Et bien, je n'y crois pas ! répéta Vernon Dursley en s'arrêtant devant Harry.... Tu prétends, reprit l'oncle d’Harry en faisant à nouveau les cent pas, que ce lord Machin...

     

    - Voldemort ! coupa Harry d'un ton agacé, et nous en avons déjà parler, je ne prétends rien, c'est un fait. Dumbledore vous l'a dit l'année dernière, Kingsley aussi, et Mr Weasley...

     

    En effet les deux sorciers, Kingsley Shacklebolt et Arthur Weasley étaient venus rendre une visite, quelques jours après le début des vacances. Harry avait été un peu déçu de ne pas voir son parrain, Sirius. Il semblait un peu ailleurs depuis la mort de Remus, et la disparition de Nora. D'ailleurs, il avait abandonné son poste, pour mener une quête de vengeance. Cela inquiétait beaucoup de monde.

     

    - Kingsley et Mr Weasley l'ont trés bien expliqué. Dés que j'aurais dix sept-ans, le sortilège de protection qui garantit ma sécurité sera brisé, ce qui vous exposera autant que moi. L'ordre est convaincu que Voldemort nous prendra pour cible, soit pour vous faire avouer sous la torture, l'endroit où je me cache, soit parce qu'il pensera que je viendrais à votre secours, s'il vous prend comme otage…. Vous devez absolument vous cacher, l'ordre veut vous aider, on vous offre une solide protection, la meilleure qui soit. Parce que quand j'aurais dix sept ans, les Mangemorts, les Détraqueurs, peut-être même des Inferis, ce sont des cadavres ensorcelés par un mage noir, pourront vous retrouver facilement et s'attaqueront à vous, explosa Harry d'un ton implacable...

     

    - D'accord, d’accord ! Tu as été convaincant.... Et mon travail ? Et l'école de Dudley ? J'imagine que tout cela n'a pas d'importance aux yeux d'une bande de sorcier fainéants...

     

    - Tu ne comprends donc pas ? s'écria Harry. Ils sont vous torturer, comme ils ont torturé mes parents.

     

    - Papa, je veux partir avec les gens de l’ordre.

     

    - Dudley, pour la première fois de ta vie, tu viens de faire preuve d'intelligence, dit Harry. Après un moment de silence, le survivant jeta un coup d'œil à la pendule sur la cheminée. Ils seront là dans cinq minutes environs, ajouta-t-il en quittant la pièce. Quitter les Dursley était une perceptive que Harry envisageait avec une grande joie. Il donna deux nous Spécial Hibou à sa chouette, puis quelques instants plus tard, la sonnette de la porte retentit.

     

    Hestia Jones et Dedalus Diggle avaient été désigné pour servir d'escorte à la famille Dursley. Diggle était un petit homme coiffé d'un chapeau haut de forme mauve, et Hestia, était une sorcière à la chevelure brune et de taille moyenne.

     

    - C'est vraiment très gentil à vous de vous charger de cela, fit Harry en invitant les deux sorciers à entrer dans la maison, et rejoindre les Dursley dans le salon.

     

    - Bonjour à vous, la famille de Harry Potter ! s'exclama Dedalus d'un ton joyeux... Je vois que vos bagages sont prêts. Très bien ! Comme Harry, vous l'a dit le plan est très simple. Nous partirons avant Harry, compte tenu des risques qu'il y aurait à faire usage de magie dans votre maison. Harry n'étant pas encore majeur, le Ministère pourrait trouver un prétexte pour l'arrêter. Nous parcourrons une quinzaine de kilomètres en voiture, avant de transplaner jusqu'à l'endroit que nous avons choisi pour vous mettre en sécurité, expliqua Diggle. Vous, Harry, continua de l'ordre, vous attendez ici votre garde rapprochée.

     

    - Vous êtes prêts à partir avec vos bagages ? demanda Hestia... Nous allons attendre dans le hall, fit-elle craignant sans doute de gêner des adieux émus entre Harry et les Dursley.

     

    - Ce n'est pas nécessaire, grommela Harry.

     

    - Et bien, voilà adieu, mon garçon ! fit Vernon d'une voix forte, en levant le bras pour serrer la main de son neveu, mais au dernier moment, il sembla incapable de faire une tel geste.

     

    Les adieux entre Harry, et la famille avec qui il avait vécu, se passèrent étrangement. Dudley fit preuve de gentillesse en affirmant qu’Harry ne prenait pas de la place inutilement. C'était presque comme avoué que Harry faisait partit de la famille. Et c'était aussi sans doute une façon de remercier le jeune survivant de lui avoir sauvé la vie, enfin plutôt son âme que voulait prendre les détraqueurs. La tante Pétunia fondit en larmes et prit Dudley dans ses bras, sous le regard scandalisé de Hestia, qui ne comprenait pas comment les derniers membres vivants de la famille proche s'intéressent si peut au célèbre Harry Potter.

     

    - On y va, oui ou non ? rugit l'oncle Vernon. Je croyais que nous avions un horaire très strict !

     

    - En effet, en effet, dit Dedalus Diggle en revenant à lui, après avoir assister à ces échanges d'un air abasourdi. Bonne chance, dit-il en avançant vers Harry, et lui serra la main. J'espère que nous nous reverrons. Les espoirs du monde magique, reposent sur vos épaules.

     

    - Ah... trés bien, merci ! répondit Harry.

     

    - Adieu, Harry ! ajouta Hestia en lui serrant la main également. Nos pensées vous accompagner.

     

    Les deux membres de l'ordre quittèrent la pièce, Dudley serra à son tour la main d’Harry.

     

    - A un de ces jours, Harry.

     

    - Ouais... peut-être ! Prends bien soin de toi, Big D, répondit ce dernier.

     

    Dudley esquissa un sourire et sortit de la pièce d'un pas lourd, Harry entendit ses pas pesant dans l'allée de gravier et une portière de voiture claqua. Harry et Pétunia se retrouvèrent tous les deux.

     

    - Et bien, Adieu ! fit-elle en se dirigeant vers la porte sans lui accorder un regard.

     

    - Adieu ! répondit Harry.

     

    Elle s'arrêta et se tourna vers lui. Pendant un instant, Harry eut la très bizarre impression qu'elle voulait lui dire quelque chose. Elle lui jeta un regard étrange, craintif et sembla sur le point de parler, mais avec un petit mouvement de tête, elle fila soudain hors de la pièce pour rejoindre son fils et son mari.