• Leçons par Nora (2/4)

    Chapitre 14 : Leçons par Nora (2/4)

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    Quelques jours plus tard, alors que le mois de juin se terminait, et les élèves allaient bientôt quitter le château, Drago regardait l’armoire à disparaitre. Après des mois de calvaire, des mois de réparation, elle était prête. Elle fonctionnait mais le jeune Malefoy n’éprouvait aucune joie, juste de la crainte, et un grand soulagement. Il ne cessait d’entendre, résonnait dans sa tête, les paroles de la jeune Nora :

    «  Tu entends comment tu parles de la vie d’un homme, de tes camarades, des innocents. Tu n’es pas un tueur Drago ».

    Que faire, il savait tout ça, il ne pouvait pas tuer Dumbledore, mais si il ne le faisait pas, c’était lui et ses parents qui se feraient tuer. Quel choix s’offrait à lui ? Finalement, les jours défilèrent et tous durent quitter l’école, sans que le jeune Malefoy est pris une décision, il savait qu’il allait le payer, cher ! Blême, tremblant et apeuré, il monta dans le Poudlard Express, il se recroquevillait dans son siège au fur et à mesure que le train avançait.

    -          Tu vas bien, Drago ? demanda Pansy, en posant sa main sur son genou pour le rassurer.

    -          Hein ? … Ah oui ! fit-il en se redressant, essayant de retrouver sa superbe. De quoi vous parliez ? demanda-t-il à ses camarades, il y avait Crabbe, Goyle, Nott, Zabini et Parkinson, dans le compartiment.

    -          Je disais, reprit Nott, que mon père m’a envoyé une lettre pour me demander des nouvelles de Nora.

    -          Nora ! répéta Drago surprit.

    -          Oui ! Quand je lui ai demandé d’où il la connaissait ! Il m’a dit que c’était l’une de ses amies et que grâce à elle, il avait pu se réconcilier avec sa mère. Je me demande ce qu’il a pu faire ? répondit Nott le regard interrogateur.

    -          C’est dingue, tout le monde à son nom à la bouche, Nora par-ci et Nora par-là ! commenta Pansy en croisant les bras boudeur, jalouse de l’intérêt pour cette jeune fille et pas pour elle.

    -          Nora est à part ! commenta simplement Nott.

    Il avait hâte de demander plus d’explications à son père. Il y avait une telle force et une telle sincérité dans les lettres de son père. 

     

    Théodore Nott arriva à la gare de King’s Cross repéra son père, il fit un signe à ses amis, et rejoignit son paternel. Nott sénior était assez vieux, plus vieux que le père de Drago, sans doute d’une bonne vingtaine d’années. Théodore n’avait jamais connu sa mère, morte quand il avait à peine trois ans. Il n’avait même jamais vu de photos d’elle, son père avait tout caché, et Théo le regrettait beaucoup. C’était d’ailleurs une source de conflits entre le père et le fils, depuis de nombreuses années. Depuis le jour, où il avait rencontré la mère de Drago, Théo voulait tout savoir sur la sienne. Les deux pères et fils Nott transplanèrent dans leur maison, une grande maison qui se trouvait dans une belle ville de Nottingham. L’histoire voulait que ce soir les premiers sangs purs de la famille Nott, qui auraient fondé la ville, mais peut-être n’est-ce qu’une légende. Cette belle ville de Nottingham se situait dans le Notts, à plus de deux cent kilomètres de Londres. La maison des Nott était prestigieuse comme la plupart des maisons de Sang-pur, elle est composée d’un étage ainsi qu’un grenier et une cave. Au rez-de-chaussée, se trouvait un grand salon, une salle à manger, et une cuisine, où deux elfes de maisons préparaient les repas. Au premier étage, il y avait trois chambres, avec une salle de bain chacune et un petit salon qui servait aussi de petit hall pour les chambres et l’escalier. Théodore et son père apparurent dans leur salon suivit par les valises du jeune homme. Un elfe les monta aussitôt dans la chambre de ce dernier. Théo grimpa les escaliers pour défaire ses bagarres, et se réinstallait dans sa maison.

    Le soir venu, le père et le fils se mirent à table, et Nott Sénior prit des nouvelles sur ce qui passait à Poudlard.

    -          Tout va bien ! répondit Théodore en terminant son plat de tomates provençales et son riz.

    -          Le pays semble secoué par tous ces morts et disparitions, mais ils ne tarderont pas à comprendre où est l’intérêt de la communauté des sorciers ! dénonça Nott Sénior, de son prénom Samuel… Maintenant que le Seigneur des Ténèbres est de retour, ce n’est qu’une question de mois, même de semaines.

    -          Et Nora ? demanda le jeune Nott… Qu’est-ce qu’elle vient faire dans l’histoire ?

    -          Nora est une jeune fille très …. Bien, elle m’a beaucoup aidé lors des problèmes que j’ai eus avec ma mère.

    -          Qu’est-ce qui s’est passé ?

    -          Lorsque j’étais à l’école, ma sœur a attrapé une maladie que même les sorciers ne savaient pas soigner, aujourd’hui les moldus l’appellent « Cancer ». Mais à l’époque, personne ne savait ce qu’elle avait. Mon père avait abandonné la lutte et attendait la mort de ma sœur, comme une fatalité, à laquelle on ne peut rien faire. Et ma mère cherchait encore et encore une solution pour la sauver. Mais ses reins ne cessaient de se dégrader. Un jour, un guérisseur a émit l’hypothèse qu’on pourrait remplacer les reins de ma sœur par d’autres reins. Ma mère a donné un de ses siens, mais pour une raison qu’on ignore, cela n’a pas marché. Elle voulait faire un autre essai, mais mon père n’était pas d’accord. Ma mère était tellement désespérée qu’un jour, elle a attaqué une femme pour prendre son rein, et le donné à ma sœur. Ah, ça a fait la une des magazines, ma mère était une criminelle. A l’époque, j’avais treize ans, Nora avait un an de plus que moi. Tout le monde se moquait de ma mère, il a traité de « monstre », de « méchante » ! raconta Samuel… J’étais en colère contre eux, mais aussi contre elle…

     

    -          Que se passe-t-il ? demanda Nora au jeune garçon assit contre un mur dans un couloir sombre.

    -          Tu le sais très bien, si tu es venue ici te moquer, fais-le ou casse-toi ! répondit-il acide et en colère.

    -          Ils disent qu’ils comprennent, ils disent que d’autres partagent la même souffrance, mais ils ont tort. La douleur de ta mère est unique, elle est la seule à pouvoir la ressentir. Ils n’ont pas à comparer car ce ne sont pas eux qui souffrent. Fit Nora en asseyant aux côtés du jeune Samuel. Elle prit sa main dans la sienne, et après un long silence, elle lui demanda :

    -          Est-ce que tu m’aimes bien ? Est-ce que tu as confiance en moi ? demanda-t-elle, en voyant le jeune garçon hochait la tête, elle sourit et reprit, le sujet dont parle les journaux fait partie de la réalité, et pourtant ce n’est pas la « vérité ». Ta mère a blessé quelqu’un c’est vrai, elle a peut-être fait quelque chose de mal, mais elle a fait ça parce que toi et ta sœur vous compter plus que tout pour elle. Elle voulait vous voir heureux, et elle est prête à être malheureuse, elle-même pour ça !

    Nora prit le journal posé devant Samuel, il y avait un article sur la mère du garçon, elle froissa la première page et continua :

    -          Nous avons tendance à penser que les informations du journal sont vraies, d’un certain point de vue, elles le sont. Mais il manque quelque chose, elles font rarement allusions aux sentiments des gens, que ce soient les victimes ou les agresseurs, ou de leurs entourages. Dans la majorité des cas, nous ne connaissons que les faits mais nous ignorons la « vérité ». Mais toi, tu vas pouvoir demander à ta mère, pourquoi elle a fait une telle chose. La gazette dit que ta mère est une méchante, n’est-ce-pas ?

    -          Oui, même que c’est un monstre !

    -          Lorsque tu lis ces mots, est-ce que tu as l’impression que le monde entier pense la même chose ?

    -          Bien sûr, puisqu’ils le lisent !

    -          Les journaux ne sont pas représentatifs de « l’avis de tout le monde ». Samuel, il ne faut pas que tu laisses influencer par la vision que te donnent les informations. Les « autres », n’existent pas. Il n’y a que des individus différents les uns des autres, et tu dois regarder le monde avec ta propre personnalité car tu es l’un de ses individus. Dis-moi est-ce que tu penses que ta mère est quelqu’un de méchant ?

    -          Non ! répondit-il tout de même après un moment d’hésitation.

    -          Très bien, alors tu n’as aucune raison de croire les autres. Tu vas demander à ta mère ce qui l’a poussé à blesser cette personne, et ensuite tu lui diras que tu l’aimes.

    -          Oui, fit le petit garçon.

    Nora lui sourit, et jeta les confettis qu’elle avait faits avec la page du journal. Alors qu’ils retombaient sur le sol, elle se leva et tendit la main vers le petit Nott et ensemble ils retournèrent à la salle commune des Serpentards. Une jeune fille prit Samuel dans ses bras, en lui disant qu’elle était triste pour sa mère et sa sœur, mais aussi pour lui, et cette jeune fille fut la première petite amie de Samuel Nott…

     

    -          Oui, je comprends pourquoi, Nora semble importante pour toi ! dit Théodore

    -          Après ça, continua-t-il avec un sourire, j’ai pu me réconcilier avec ma mère, et nous n’avons pas pu sauver ma sœur, notre famille n’a pas été détruire, mais même renforcée, alors que sans les paroles de Nora, cela n’aurait sans doute pas été le cas. Termina Samuel dans un sourire, en buvant la dernière gorgée de thé.

    -          Nora se trouve bien chez les Malefoy ? demande Samuel

    -          Oui ! répondit Théodore qui se doutait que son père voulait revoir son amie.